BIOGRAPHIE
CINÉASTE ET CHERCHEUR
Né à Sabadell, survivant dans le quartier de Gràcia (Barcelone). Père d'Elna et de Fèlix. Diplômé en sociologie de l'Universität Münster (Allemagne).
Je passe deux décennies à combiner l'art avec l'analyse critique de la réalité. Ma formation académique s'est complétée par le Master en Documentaire de Création de l'Université Pompeu Fabra. Je me suis aussi formé comme opérateur de caméra au CIFO (Hospitalet). J'ai un troisième cycle en effets visuels et un autre en traduction littéraire (tous deux de l'IDEC-UPF) ; Cours d'Aptitudes Pédagogiques (Université Autonome de Barcelone).
Ma trajectoire comme artiste commence en 2003 à travers un séjour d'un an et demi à Paris. C'est dans ce contexte que je commence à employer l'identité anonyme Metromuster. En 2005 je réalise mon premier documentaire, dans le cadre du travail final de sociologie (Magister Artium) : il s'agit de Rotes Land (Terre Rouge), une recherche sur les effets de l'ouverture de la République du Vietnam à l'économie capitaliste globalisée (connue sous le nom de Đổi mới). En 2007 je commence à faire partie du collectif barcelonais Enmedio, où j'entre en contact avec l'artivisme, la Culture Libre et les narratives subversives qui émergent de ce qu'on appelle la guérilla de la communication.
À partir de 2008 je commence à réaliser une trilogie de courts documentaires sur des femmes combattantes de Barcelone, dans le cadre du programme de Canal 33 Taller.doc : L'últim vestit de la Júlia, Bar Leo et La Rosa no està sola. Un an plus tard, Metromuster se formalise comme productrice audiovisuelle et je m'embarque dans la réalisation du projet NO-RES, vie et mort d'un espace en trois actes, que je dirige en solitaire. À partir de ce moment, Metromuster deviendra la plateforme à travers laquelle je développerai une filmographie engagée avec la mémoire historique et les mouvements sociaux d'émancipation actuels. Le cinéma qui en a résulté se caractérise par la confrontation de narratives officielles avec des investigations indépendantes, donnant voix aux histoires silenciées et construisant des ponts entre les luttes, les narratives et l'art. Trois objectifs fondamentaux ont guidé mon travail : le démasquage des violences structurelles et institutionnelles, l'engagement avec les sujets opprimés, et le libre accès à la culture. La tâche active de réaliser des documentaires a toujours été accompagnée d'une réflexion profonde sur les tensions entre réalité et vérité, questionnant les limites entre documentaire et fiction.
Ma carrière cinématographique est profondément liée à mon activisme social, qui commence avec le mouvement altermondialiste de la première décennie des années 2000 et culmine quand je deviens membre de la commission audiovisuelle du 15M à Barcelone, en 2011. Cette expérience m'a permis d'établir des liens forts avec des collectifs politiques et sociaux avec lesquels je continue à collaborer actuellement.
Tout au long de la décennie 2010, je produis et codirige plusieurs documentaires qui auront un grand impact sur la société catalane et espagnole, parmi lesquels se distinguent Ciutat Morta, Tarajal – démantelant l'impunité à la frontière sud et Idrissa, chronique d'une mort quelconque. Je m'implique aussi dans la création de campagnes de communication liées à des mouvements sociaux, partis politiques ou entités du tiers secteur qui combinent des stratégies propres à la guérilla de la communication avec des registres narratifs propres à la fiction.
Depuis 2020, mon activité s'est élargie au domaine académique comme enseignant à l'Université Ouverte de Catalogne (UOC), où j'ai créé l'Atelier de Journalisme Transmedia avec la professeure Anna Clua et d'où j'ai écrit plusieurs modules didactiques sur les narratives transmedia et le documentaire de transformation sociale.
Actuellement, je développe, avec la productrice Polar Star Films et OLD Media, La Força, mon premier projet de fiction, qui explore l'expérience de la philosophe Simone Weil comme milicienne de la Colonne Durruti pendant la Guerre civile espagnole. Ce travail, qui est passé par des laboratoires de prestige comme la New York Film Academy, le Torino Film Lab ou le Mediterranean Film Institute, est le fruit d'une recherche historique exhaustive soutenue par le Mémorial Démocratique de Catalogne. Ce projet représente une évolution naturelle dans ma carrière, où la fiction se présente comme un outil nécessaire pour un récit sur le réel en temps de post-vérité et comme réflexion historique filtrée par une volonté de transformation sociale. Pour l'écriture du scénario de La Força je compte sur la collaboration de la scénariste américaine Pamela Katz (Hannah Arendt, 2016).
La recherche nécessaire pour l'écriture du scénario de La Força a donné lieu à l'essai Vivre la Force : Simone Weil et la Colonne Durruti, qui a été publié par les éditions Descontrol. Découvrez les critiques du livre.